Charles VAN LERBERGHE   (1861-1907)

Ma sœur la Pluie,
La belle et tiède pluie d'été,
Doucement vole, doucement fuit,
A travers les airs mouillés.

Tout son collier de blanches perles
Dans le ciel bleu s'est délié.
Chantez les merles,
Dansez les pies !
Parmi les branches qu'elle plie,
Dansez les fleurs, chantez les nids
Tout ce qui vient du ciel est béni.
De ma bouche elle approche
Ses lèvres humides de fraises des bois ;
Rit, et me touche,
Partout à la fois,
De ses milliers de petits doigts.
Sur des tapis de fleurs sonores,
De l'aurore jusqu'au soir,
Et du soir jusqu'à l'aurore,
Elle pleut et pleut encore,
Autant qu'elle peut pleuvoir.
Puis, vient le soleil qui essuie,
De ses cheveux d'or,
Les pieds de la Pluie.

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La pluie jouera des claquettes sur nos fenêtres toute la sainte journée. Tombent, tombent les gouttes, faisant peser sur le monde un sentiment triste et mélancolique d’outre-tombe. L’été n’est plus, l’automne a plu aux nuages encombrants. Ne pas se laisser entrainer par la morosité de ce matin blanc comme un linceul. Voir le bon côté des choses et accueillir cette pluie dégoulinante comme une promesse de futures récoltes abondantes.

Le poème de Charles sera mon rayon de soleil de ce jour.