Ma petite mercerie – 2
Pour tenir correctement une boutique de mercerie, il faut tout d’abord s’assurer d’avoir bien achalandé les rayons de produits de qualité demandés par les copines brodeuses ou couturières. C’est la règle n°1 du commerce.
Ensuite, il faut avoir le sens des affaires : acheter en respectant ses fournisseurs et vendre au bon prix. Ne pas hésiter à faire de petits cadeaux aux clientes pour les fidéliser.
Enfin, avoir le sens des responsabilités. Et çà, cela devient de plus en plus rare. Savoir prendre les décisions qui s’imposent et savoir assumer celles-ci. La triste actualité vient illustrer mon propos. Le capitaine d'une croisière qui s’amusait au large des côtes italiennes, n’était pas payé pour faire l’amuseur de service, prendre à la légère une décision imbécile qui a mis en péril de mort 3000 personnes et s’enfuir lâchement quand le bateau a coulé tuant certains passagers. Le capitaine d’abord, les femmes et les enfants bien après… Ce sens des responsabilités n’est pas nécessairement assumé par les big boss voyous qui fragilisent leur entreprise par des entreprises hasardeuses en investissant à la légère et qui font prévaloir ensuite leur golden parachute quand la société coule et qu’il faut licencier massivement leur personnel pour sauver les meubles. Plus proche de nous, ce sont ces parents qui démissionnent de leurs responsabilités éducatives en laissant cette mission à l’Education Nationale, institution portant très mal son nom, puisqu'elle a davantage pour vocation à transmettre des savoirs qu’éduquer.
Chacune pensera ce qu’elle veut, mais cette perte de sens de la responsabilité est désolante. Fort heureusement, il reste une majorité d'individus ayant les pieds sur terre, qui prennent encore à coeur leur sens des responsabilités.
Croyez-moi, cela fait du bien de pousser un coup de gueule de temps en temps. Désolée pour ma petite mercerie, je reviendrai bientôt à mes affaires.





